Un marché structurellement à accès limité
Le Private Equity est, par construction, un marché fermé. Contrairement aux actifs cotés, les fonds de Private Equity ne sont pas accessibles sur un marché organisé : ils s'obtiennent dans le cadre de périodes de levée de fonds souvent courtes, avec des tickets minimums historiquement réservés aux investisseurs institutionnels. Pensions, fonds souverains, endowments et compagnies d'assurance ont longtemps constitué l'essentiel de la base LP des grands gérants(1).
Cette architecture crée une double barrière à l'entrée pour les investisseurs non-institutionnels :
Le paradoxe est que ce sont précisément ces fonds inaccessibles qui performent le mieux, le marché Private Equity étant structurellement un marché où l'accès et la performance sont corrélés positivement.(5)
Pour une présentation des différentes catégories d'investisseurs en Private Equity et des structures de fonds, voir section « Structure d’un fonds »
La démocratisation : un marché en transformation
Ce modèle est en train d'évoluer profondément. Selon McKinsey, plus de 17 000 sociétés de gestion en marchés privés sont actives dans le monde, soit 2,4 fois plus qu'il y a dix ans(2). En parallèle, les GPs développent de nouveaux véhicules d'accès pour capter un réservoir de capital retail estimé à près de 60 000 milliards de dollars, jusqu'ici largement inexploité en raison de contraintes réglementaires, de tickets minimaux élevés et de contraintes de liquidité(2).
Des réformes réglementaires majeures ont facilité cet accès :
Dans ce nouveau contexte, des plateformes de distribution ont émergé pour connecter les réseaux de wealth managers avec les produits de capital privé, en gérant à la fois l'accès aux fonds et les contraintes opérationnelles liées à une base d'investisseurs large et segmentée(2).
Les fonctions d'un sélectionneur de fonds
Face à un univers de plus en plus large et complexe, le sélectionneur de fonds joue un rôle d'intermédiaire de conviction entre les GPs et les investisseurs finaux. Ses fonctions peuvent être résumées en quatre blocs :
1. Sourcing et accès
Le sélectionneur entretient des relations durables avec les équipes des GPs, lui permettant d'être présent dans les levées de fonds de qualité, y compris celles sursouscrits, où l'allocation est discrétionnaire. La force du réseau et la réputation de long terme constituent ici l'actif principal.(5) Les LPs institutionnels eux-mêmes recherchent des co-investissements et des secondaires, deux des plus grandes zones de sous-allocation identifiées par Goldman Sachs (62 % et 45 % respectivement sous leur cible)(3) : le sélectionneur peut servir de canal d'accès à ces stratégies.
Le sélectionneur évalue chaque fonds selon les trois piliers identifiés par HarbourVest : équipe et organisation, construction de portefeuille et alignement d'intérêts(1), détaillés en section "Les trois piliers d'évaluation d'un GP". Cette analyse nécessite une expertise sectorielle solide, une capacité à comparer les fonds entre eux sur des millésimes successifs, et une lecture approfondie des documents juridiques et financiers (LPA, DDQ, rapports de quartile). Dans l'environnement actuel, cette compétence s'est considérablement complexifiée : la dispersion des performances s'amplifie, les valorisations non réalisées sont sous pression et la transparence des GPs sur leurs DPI est devenue un critère différenciant à part entière(3)(5).
3. Structuration et distribution
Une fois la sélection faite, le sélectionneur structure un véhicule d'accès adapté à sa clientèle (fonds de fonds, feeder, FPCI, FPS avec des tickets d'entrée accessibles, un calendrier d'appels de fonds lisible et un reporting consolidé. Ce travail de "packaging" transforme un produit institutionnel en solution investissable pour une base LP plus large.
4. Suivi et accompagnement
Le sélectionneur assure pendant toute la durée de vie du fonds (5 à 12 ans) le suivi de la performance, la transmission des reportings, la gestion des appels de fonds et des distributions, et l'information continue des investisseurs. Ce suivi est d'autant plus critique dans un contexte où les GPs retardent leurs sorties et où les LPs exigent de la visibilité sur le DPI(4)(5).
Un rôle renforcé par l'exigence croissante des investisseurs
L'environnement actuel renforce structurellement le rôle du sélectionneur. Goldman Sachs documente une exigence croissante des LPs dans un marché où la prolifération de nouveaux gérants a considérablement augmenté le nombre d'options disponibles(3).Plus de 80 % des LPs citent le track-record et la performance comme critère n°1 dans leur évaluation de nouveaux gérants(3), un critère qui requiert une expertise comparative que peu d'investisseurs finaux sont en mesure de développer seuls.
Le marché se polarise en parallèle. Les gérants dotés d'un historique de performance solide lèvent rapidement et se retrouvent structurellement sursouscrits, allouant de façon discrétionnaire à leurs LPs historiques sans nécessité d'ouvrir leur capital à de nouveaux entrants. L'écart se creuse entre les fonds accessibles et ceux qui performent(5). Dans ce contexte, l'enjeu pour un investisseur n'est plus seulement de s'exposer au Private Equity : c'est d'accéder aux gérants qui créent durablement de la valeur. C'est précisément le rôle d'Archinvest : construire des relations durables avec des gérants de 1er plan afin de pouvoir les inclure dans ses allocations.(5)
Sources :
(1) HarbourVest Partners, Private Equity 101, 2025
(2) McKinsey & Company, Global Private Markets Report 2025 - "Braced for Shifting Weather", 2025
(3) Goldman Sachs Asset Management, Market Know-How - Manager Relationships & Allocations Snapshot, octobre 2025
(4) Bain & Company, Global Private Equity Report 2026
Notes :
(5) Ce commentaire reflète l’opinion d’Archinvest à la date de rédaction. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.